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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 17:50

Fabrice Castanet : Bonjour, M Sandro Dossi. J'ai découvert vos dessins dans les pages des BD de mon enfance où se cotoyaient des personnages comme Dodu (Geppo), Popeye (Braccio di Ferro), Nonna Abelarda  (Tartine), Kiko ou encore Félix le chat : c'était dans les années 70. Ces petites BD ont depuis disparu des librairies, hélas.
dossi-wow.jpg
Sandro Dossi : Je suis ravi d'avoir dessiné des personnages qui ont fait partie de votre enfance et de vous avoir ainsi procuré du plaisir. Désormais,  ils ne sont hélas plus que des souvenirs pour les fans nostalgiques, n'étant plus disponibles à la vente !

Vous êtes né le 16 mai 1944 à Monza, en Italie : quelle fut votre enfance au sortir de l'après-guerre? dossi2.jpgQuels fumetti, quels héros de BD vous ont alors marqué?

Mon enfance a été heureuse. J'ai grandi près du circuit de Monza et  je me souviens encore du bruit de l'ambulance transportant le corps du coureur automobile Alberto Ascari, qui est décédé alors qu'il testait une Ferrari, nous étions en 1955. J'ai toujours été attiré par le dessin et suis devenu dingue de ce que Barks dessinait dans “Topolino”. Je lisais le “Corriere dei Piccoli” et j'aimais beaucoup les livres d'aventure. Jules Verne fut mon auteur favori et j'essayais d'illustrer ce qui m'avait le plus frappé dans ses histoires!

Quelle fut votre scolarité? D'après certaines sources votre premier emploi fut pour une agence de publicité  : c'est là-bas que vous avez rencontré Sangalli, né lui aussi à Monza, quelques années avant vous, semble-t-il. Vous vous connaissiez déjà?geppo-planche-vi.jpg

Après l'école, j'ai étudié à l'Institut Artistique de Monza, à la Villa Reale, tout en travaillant dans une petite agence de publicité, le studio Trivulzio. Mais ma passion était la bande dessinée! J'avais 17 ans et c'est à ce moment que j'ai été mis en contact par un ami de la famille avec le dessinateur Pierluigi Sangalli quioc32-tav315.jpg avait démarré son activité deux ans auparavant : j'ai perdu la tête ... .. J'ai quitté l'école et j'ai rejoint Pierluigi où j'ai commencé à réaliser mon «rêve» en encrant ses dessins, faisant maintenant partie du clan  "Bianconi".

De 1967 à 1996, vous travaillez alors pour Renato Bianconi (Metro)

J'ai officiellement commencé chez l'éditeur Bianconi en 1964 par quelques dessins dans des livres de l'éditeur et puis surtout par ma première histoire de Félix le chat (1) ! Ensuite, j'ai continué de dessiner pendant plus de 35 ans les personnages de Popeye (2), Dodu (3), Merlin (4), Eugene (5), Kiko (6), Tom & Jerry (7).... A cette époque les collaborateurs de Bianconi (venus d'Alpe pour la plupart) étaient de grands noms comme Carpi, Bottaro, Rebuffi, Nicola Del Principe, Floriano Bozzi, Misson, Arias .... des artistes, que j'ai toujours admirés, je vivais mon rêve, je les ai souvent croisés dans les rédmerlotto.jpgactions. J'avais 18 ans en 1962 et tout le monde m'appelait “ le jeunot” et cela jusqu'à la mort du mythique "Renato Bianconi"!

Parlez nous de cet éditeur, un peu mystérieux qui avait débuté chez l'éditeur milanais Alpe et qui avec son "univers" fit concurrence au roi Disney!

Renato Bianconi était un géant doux, très grand et fort. En surface, il semblait de prime abord bourru alors qu'au fond, c'était vraiment une belle personne et, pour moi comme un père! Au départ, il débuta  comme calligraphe (celui qui écrit les paroles dans les bulles) pour l'éditeur milanais Alpe et après avoir appris le métier, il s'est courageusement lancé, devenant rédacteur en chef! Lorsque je parle de lui, je m'excite ... Je lui dois tant!

Pour Bianconi, vous multipliez les planches sur Popeye, Geppo, Félix, Tom et Jerry... Quels autres personnages y avez vous dessinés?  Les scénarios étaient parfois signés par votre épouse, Loredana. Je suppose que Motta ou d'autres en ont aussi écrit ou vous-même?satan-par-dossi-copie-1.jpg

Au début, j'ai desssiné sur des scripts d'Alberico Motta, puis j'ai commencé à écrire des scénarios avec l'aide de ma femme qui est la soeur de Motta, lui-même, le "maître" de Sangalli.

Avez-vous créé, inventé des personnages?

Bianconi préférait que ses dessinateurs exploitent des personnages sous copyright. En 1973, les droits de Pinocchio ont expiré et avec Alberico Motta et Pierluigi Sangalli nous avons eu l'idée d'une publication de ce personnage. Bianconi a accepté avec enthousiasme. Le premier dessinateur à définir les caractéristiques du personnage a été Tiberio Colantuoni, puis chacun oc18-tav446.jpgde nous l'a adapté à notre style.

Vous rejoignez If en 1980, à l'initiative de votre ami et agent Gianni Bono : là encore, vous dessinez de nombreuses planches des héros Disney dont Paperinik (Fantomiald).

Dans les années 80, les éditions Bianconi ont commencé à décliner. J'ai alors rejoint le staff de Gianni Bono et j'ai dessiné des personnages Disney jusqu'en 2006 soit plus de 200 histoires à ce jour (Mickey Mouse, Donald Duck, Fantomiald ... ..).

Vous avez aussi dessiné des albums d’autocollants avec Caliméro, la famille Smiley et Peter Cottontail et des jeux pour Epierre (Supergames, Enigmistica & Quiz) et Prezzemolo (mascotte de Gardaland) pour Gaghi Editore. Pour De Agostini, vous avez illustré Los Pappagallos et Orsetti pour Ferrero. Je ne connais paseugene.jpg ces travaux : pouvez vous en dire plus?

Los Pappagallos et les Ours ont été des livres publicitaires (vendus en kiosques) pour Ferrero contenant plusieurs bandes dessinées, des illustrations, etc.

De 1991 à 1993,pour le Corriere dei Piccoli et Rizzoli vous adaptez encore des personnages de dessin animé (de la Warner Bros) comme Wile E. Coyote mais aussi La Panthère Rose, Les Pierrafeu (The Flintstones). S'agissait-il de comic strips? La publication dans un journal devait être différente de ce que vous aviez connu jusque là, non?

Habitué à adapter mon style aux personnages sous copyright, je n'avais aucune difficulté à coopérer avec le “Corriere dei Piccoli” sous le pseudonyme de Sidos (anagramme de Dossi) : j'y ai dessiné tous les personnages de la Warner, c'était dans les années 90. The Pink Panther a été conçu pour un album intitulé "I Paperotti", tandis que les Pierrafeu étaient publiés dans un quotidipeter-contatail.jpgen économique "Il Sole 24 Ore" et pour un album à l'occasion de l'entrée en vigueur de l'Euro pour une banque d'Emilia Romagna. Toujours pour l'arrivée de l'Euro, j'ai imaginé pour Panini un personnage appelé Eurillo (un cricket) qui fut édité dans deux albums. J'ai même réalisé quelques illustrations des Schtroumpfs pour Mondadori (“La cuisine des Schtroumpfs”), j'ai adapté Calimero Topo Gigio (pour FPM) qui sont des personnages très appréciés par les enfants (1991-1994), Prezzemolo, la famille Smiley et j'ai aussi fait des albums avec Peter Cottontail et Frosty (qui sont des personnages secondaires de la Warner). En 1991, j'ai fait plusieurs récits d'Élastoc (Tirammolla) dans "Nuovo Tirammolla" des éditions Vallardi. J'ai travaillé pour G. Baby (années 2000), les Editions Paoline (2000) sur d'autres personnages de la Warner comme Svicolone, Sylvester, Tom & Jerry, Huckleberry Hound, Gorilla Magilla, Inky et Dinky, Speedy Gonzales ....wil-e-coyote.jpg
À l'heure actuelle, avec la crise qui sévit dans le milieu de la BD, je profite de mon expérience passée chez Epierre (SuperGames, Enigmistica Quiz) pour proposer des collaborations à il Corrier Enigmistica (RCS Periodici) et d'autres revues dans ce domaine (rébus, gags, énigmes).

 Quels sont vos travaux actuels, vos projets?

J'ai récemment publié une nouvelle version de Geppo "Inferno 2000" avec Andrea Leggeri.geppo-2000.jpg
Pour WOW, au Musée de la Bande Dessinée de Milan, inauguré en avril dernier, je réalise deux albums, le premier sur Giocchi Dimenticati et l'autre sur le Circuit de Monza. Pour l'instant ce sont mes projets immédiats.

Avez-vous des "hobbies"? Peignez-vous, par exemple?

Dans le passé, j'ai joué au tennis, fait de la peinture. Maintenant, je me contente de lire (tout m'intéresse) et d'écouter de la musique de tous les genres. Pendant des années, j'ai songé à reprendre la peinture...mais je ne l'ai jamais fait!

Avez-vous jamais dessiné des personnages réalistes? Cela vous a t-il tenté?

À mes débuts, j'ai essayé de dessiner une histoire de l'Ouest par hobby, mais après les premiers résultats décevants, j'ai décidé que mon parcours serait la bande dessinée humoristique !

Revoyez-vous toujours vos amis et collaborateurs de l'époque Bianconi?
bianconi-persos.jpg
Je vois souvent mes amis Alberico et Pierluigi,et il y a deux ans, nous avons fait le tour de la Lombardie avec une exposition itinérante, reprenant tous les personnages de Bianconi, avec la colaboration des municipalités et des écoles ! La dernière exposition, la plus importante de toutes ces dernières années, a été organisée au Val D'Aoste à Châtillon, au château d'Ussel, et a duré quatre mois.
La région qui est bilingue a créé un catalogue et un album de vignettes des personnages de Bianconi, y compris en langue française !

Merci, Monsieur Dossi.frosty.jpg

Fabrice Castanet, mai 2011.

(1)  Le personnage de Félix le chat a été créé en 1919 aux USA dans le dessin animé « Feline Follies » puis adapté en BD dès 1923 aux USA. Une version italienne (Gatto Felix) est proposée par
les éditions Renato Bianconi qui proposent des épisodes inédits de ce personnage illustrés par Sandro Dossi, Alberico Motta, Luciano Gatto, Chierchini, Pier Luigi Sangalli, Umberto Manfrin, Michele Gazzari (textes), Mario Sbattella, Bruno Marraffa dans la revue "Soldino" et dans son propre titre à partir de 1962 (296 numéros). Dans les épisodes italiens, Félix est un petit chat noir avec une queue en point d’interrogation qui évolue dans un monde humanisé, entouré de ses neveux Tiki et Toko (Inki e Dinki), de sa fiancée, Kitty, une jolie chatte blanche et de son meilleur ennemi le chat Patte-Noire, sorte de croisement entre Pat Hibulaire et la Bombarde. Au départ, comme Mickey, il est simplement affublé d’un slip puis peu à peu habillé en être humain. Les épisodes italiens sont publiés en France par la SFPI puis DPE entre 1962 et 1982 (dans Kiko Poche, Félix le chat Poche, Nico poche, etc.) et finalement Greantori.

(2) POPEYE a été créé en 1929 par oc9-tav94.jpgl'américain E.C. Segar dans son strip « Thimble Theatre » (KFS) et, fort de son succès fut adapté en dessin animé par les frères Fleisher entre 1933 et 1957. En Italie, dans les années 60, l'éditeur Renato Bianconi propose des bandes inédites de « Bras de Fer » (Braccio di Ferro) dans son propre mensuel (814 numéros !) et autres titres dessinées par Pier Luigi Sangalli, Sandro Dossi, Alberico Motta, Tiberio Colantuoni, Mario Sbattella et Fedeli, s’inspirant davantage des dessins animés que de l’œuvre originale. Les personnages secondaires vivent par ailleurs leurs propres aventures comme souvent chez Bianconi que ce soit sa fiancée Olive (Olivia), Gontran, Georges, un géant simplet (Grissino), Poupa le "papa" de Popeye (Trinchetto), Timothée le concurrent musclé et sans cervelle de Popeye (Timoteo) et accessoirement factotum de La sorcière des mers (Haggy) ou Mimosa, son fils adoptif (Pisellino). En France, le Popeye "italien" de Bianconi est publié dans les différentes revues de Jean Chapelle comme Captain présente Popeye, Ajax, Félix le chat poche, Dodu Poche, Zorro, etc. Plus tard dans les années 80, d'autres éditeurs prirent le relais comme  Greantori ou les Editions du Château.

(3) DODU (Il Diavolo Geppo) est sans doute la création la plus importante des éditions Bianconi. Dodu, a un problème : il est un diablotin à la cour de Satan, condamné à exercer une mauvaise action par jour mais il est intrinsèquement bon envers le genre humain. Dans cette parodie enfantine de l’enfer de Dante, Geppo s’ébat dans des gags classiques qui parfois mgeppo-cover.jpgettent en lumière les personnages secondaires hauts en couleurs comme sa majesté Satan (Satana), qui enrage devant tant de bonté, le chat pique-assiette et cruel de Satan, Caligula (Caligola), Bélzébuth, le bras droit de Satan, le serpent tentateur Sauveur (Salvatore) et plus tard le fantome Eugène. Geppo a été créé en août 1955 dans le mensuel "Volpetto" par G.B Carpi sur une idée de l’éditeur qui l’avait d’abord proposée à Luciano Bottaro. Il aura ensuite (après un passage par "Soldino") son propre titre de 1961 à 1994 (au moins 399 numéros, entre-temps, il sera édité par Metro). Geppo est dessiné la plupart du temps par le prolifique Pierluigi Sangalli mais aussi Guilio Chierchini, Alberico Motta (texte et/ou dessin), Luciano Gatto entre 1956 et 1960, Agnese Fedeli et Sandro Dossi, tandis qu’Attilio Mazzanti signe quelques textes. Ce petit personnage connaîtra en Italie un incroyable et durable succès, tandis qu'en France, il est publié d’abord sous son nom italien dans Bimbo et Tartine au cours deskiko-poche.jpg années 50-60, Geppo, Bimbo Spécial puis Bimbo-Geppo (1961-68) et rebaptisé Dodu en 1970 dans Dodu poche, Félix le chat (poche), Tartine, Dodu Géant, etc.

(4) Magicus ou Le mage Chicorée (Mago Merlotto) est un magicien inspiré de l’enchanteur Merlin, qui vit dans la forêt, accompagné d’un hibou parlant :il fut créé dans le périodique Geppo  et mis en images par Pierluigi Sangalli, Sandro Dossi, Tiberio Colantuoni et Alberico Motta. En France, la SFPI le publie de façon erratique notamment dans les petits formats Bimbo, Geppo, Kébir Dodu ou Dodu Poche.

(5) Le fantôme EUGENE (Il fantasma Eugenio)  est un fantôme aux préoccupations très terre à terre et qui vit au milieu des êtres humains. Il a été imaginé dans la revue italienne Geppo pour l'éditeur Renato Bianconi en 1963. Dessiné par Sandro Dossi et Pier Luigi Sangalli (Alberico Motta aurait participé aux récits également), il est affublé de deux neveux farceurs, Pip et Pap (Zip e Zap en V.O.) et d’un « ennemi », Il fantasma Peppone. Il vit également plusieurs aventures aux côtés de Dodu. On pouvait le lire en France dans les pages de Bimbo (il s’appelle alors Eustache et ses neveux Zig et Zag), Geppo, Kébir, Dodu Poche puis Niko Géant (les neveux se nomment alors Zip et Zap comme dans la version italienne).

(6) : Kiko (Chico) est un canard noir avec de grand yeux, affublé d’un petit chapeau et d’un short, entouré de deux neveux turbulents Tim et Tom, de son fidèle chien Flop, vivant dans un moc31-tav777.jpgonde d’animaux humanisés, voyageant, exerçant mille métiers et affrontant des méchants de tous poils. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il est sans rapport avec Chico Cornacchia, il s’agit vraiment d’un nouveau personnage voulu à l’origine par l'éditeur Renato Bianconi : ce dernier souhaitait un chat ou un canard, or comme Félix le chat existait déjà, Motta et d’autres ont créé ce canard proche de Donald. Parmi les personnages secondaires, l’excentrique Pépé Luc (Nonno Zaccaria) vêtu d’une redingote et d’un haut de forme vit ses propres aventures (voir Dodu Poche) tandis que le Prof Eureka, archétype du savant génial et farfelu est également un personnage secondaire important de la série Prosper. Le personnage de Kiko a été animé par Alberico Motta (texte et dessin), Sandro Dossi et Pierluigi Sangalli dans son propre titre, "Chico" entre 1969 et 1977. Il a été publié en France dans Kiko Poche, Félix le chat, Tartine, Geppo, Amigo, Dodu Poche, Olac, Prosper Poche et il est parfois traduit en Nico (y compris dans le titre homonyme, Nico Poche). Cette série tente de faire concurrence (ou plutôt d'emprunter un peu du succès) aux personnages de Disney. On verra sans trop forcé de troublantes ressemblance entre l'oncle de Kiko et l'oncle Picsou par exemple... de même on lui attribue deux neveux à la manière de Riri, Fifi et Loulou même si eux sont trois le principe du scénario est le même, ils portent d'ailleurs des bérets ressemblant étrangement à celui de Donald. Il hérite même d'un chien à la manière de pluto pour Mickey...

(7)1976-83

Fabrice Castanet

Bibliographie : Pimpf Magazine n°12, www.originalcomics.it

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 16:19

Peu d'entre eux sont connus du grand public et pourtant leur style nous est souvent familier : pas étonnant, ils nous ont accompagnés des années durant au sein des revues de BD de notre enfance. Ils y animèrent vaillamment les fameuses et nombreuses pages de jeintSegret003-1.jpgux, rébus et autres devinettes qui parsemaient alors les magazines de l'époque. Ils s'appelaient Gring, Lellbach, Héno ou Raymond Maric. Serge Segret fait partie de ces dessinateurs au style si reconnaissable et aux multiples collaborations. Une courte et incomplète biographie consacrée à Segret sur ce blog atttira l'oeil de sa petite fille, Marielle Wastable. C'est grâce à elle que cet entretien a pu être réalisé avec l'artiste qui signait avec un coeur.

Comics Vintage : M Segret, j'ai retrouvé un dessin que vous aviez envoyé au journal des lecteurs de la revue de BD Youmbo Magazine (La Librairie Moderne/Sagé) depuis Champcueil (Seine et Marne), et qui fut publié dans le n°50 en 1950 (1) 
Serge Segret : C'est à Champcueil que ma carrière de dessinateur de presse à démarré en faisant des « piges » dans diverses revues: Confidences, La vie en fleurs, les éditions Gabalda aussi (dessin politique pour La Faluche, le Lampiste). Ma carrière a commencé en travaillantintSegret007 avec une dizaine de journaux, quotidiens et hebdomadaires dont France-soir, Paris-Normandie, Le Dauphiné, République de Toulon, Tours....
J'aimerais savoir où et quand vous êtes né, quelle fut votre enfance, votre scolarité...
Je suis né à Paris, en 1924, à Montmartre.......prédestination ? Mon enfance s'est déroulée à Chatillon sur Cher, puis Romorantin et puis Livry Gargan et  Vincennes.  Une année de cours complémentaire après l'école primaire, le certificat d'études et une école de dessin: Marc Saurel puis plus tard les beaux arts de Grenoble. À 14 ans mon père me fait entrer comme apprenti patissier, que j'abandonne à cause de la guerre. Et mon père nous envoie, mon frère et moi, à Bretenoux où j'ai exercé toutes sortes de métiers dont aide géomètre sur un projet d'aérodrome privé. Engagé à 18 ans dans l'armée d'armistice, comptant rejoindre l'Afrique pour échapper à l'occupation allemande. Ce qui n'a pu se faire, les allemands étant en zone libre. Mon unité désarmée fut transformée en unité de défense aérienne à Toulouse jusquà la libération de Toulouse. Puis FFI, libération d'Autun, et autres...Réincorporfation à la 1ère armée ( Gal De Lattre de Tassigny) puis démobilisation en Allemagne. Ensuite, j'ai fait de la représentation avant le dessin de presse.
Quelles BD lisiez vous enfant, et comment êtes- vous devenu dessinateur ?
Le Dimanche illustré avec Bicot Bicottin et Zig et Puce de Alain Saint Ogan, ainsi que Gédéon de Benjamin Rabier. Quand j'étais petit, ma tante qui m'élevait avait remarqué mon goût pour le dessin et m'avait inscrit à un cours de dessin par hannibal.jpgcorrespondance. C'est le tout début .
N'avez vous pas été tenté par une BD comme certains de vos collègues de « jeux » Raymond Maric (Valentin)  ou Lellbach (Tom et Jerry) ?
La demande s'est tout de suite tournée vers les jeux dessinés, en ce qui me concerne, et des pages de variétés (Je voudrais savoir pour la Cosmopresse). Je n'avais pas le temps de faire des albums de BD.
Dans les années 50, vous dessinez toujours des jeux pour le Journal de Mickey (Pêle- Mêle) : comment s'est passée cette collaboration ? Quel souvenir en gardez- vous ?
Mickey, mais aussi  plus tard Picsou Magazine (2), Castor Junior, Donald Magazine, etc. J'en garde de très bons souvenirs: j'avais la liberté totale de mes créations. On me faisait confiance, mais je devais produire beaucoup. Je travaillais en même temps pour Pilote et les éditions Vaillant sans problème : ni politique, ni religion, ni sexe !!!
Vous avez travaillé pour Marijac (Le journal de Nano et Nanette puis Fillette), avez     vous connu l'éditeur ?
Oui, j'allais régulièrement le rencontrer à la maison d'édition, avenue de Chateaudun, et je le connaissais bien. Tous les ans, je me déplaçais à Paris en septembre, pour y rencontrer mes employeurs, les éditeurs. Cette rencontre était très importante.
Pour les éditions des Remparts, vous faites à nouveau beaucoup de jeux maison, on commence à trouver sous votre plume de vrintSegret008-1.jpgaies BD assez courtes (Jean Pomme...) bien à vous et l'arrivée d'un personnage, le singe Hannibal, que vous allez exploiter en gags et jeux à travers les divers petits formats de l'éditeur comme Pifalo. Il y a aussi Trott' Malice : pouvez vous nous en toucher un mot ?
Trott'patt avant Trot't malice a paru dans différentes revues. L'idée de faire une petite bande dessinée avec un jeu était de faire participer le lecteur à l'histoire. Idem pour  la revue d'échecs Mat, avec l' histoire d'un petit fou dont la dernière image était un jeu.
Vous avez même quitté un moment la BD "enfantine" au milieu des années 60, animant une rubrique en même temps que Cabu et Delinx pour Pilote ! Parlez- nous de cette collaboration.
Je travaillais chez moi et envoyais par la poste mes dessins. J'ai finalement peu rencontré les autres dessinateurs, hormis les réunions ou salons de la bande dessinée. Pas de fax, je travaillais en dimension réelle pour que mes envois passent en «lettre». Vous imaginez l'angoisse en période de grève de la Poste ( en 1968, c'est un voisin qui a porté, allant à Paris, mes dessins aux éditeurs) !!!
Aviez vous connu Delinx chez l'éditeur Carozzo ? (il semble avoir débuté en même temps
que vous là -bas)
Je n'ai pas connu Delinx personnellement.Je pense qu'il est plus jeune que moi.
Dans les années 60-70, vous multipliez vos travaux dans des revues de BD comme L'intrépide-hurrah, Pif Gadget ou même des journaux de programmes télévisés comme Top-Télé (toujours des jeux) et vous revenez surtout chez Disney, parlez nous de cette époque...
Il était de mon intérêt de travailler pour une trottpat.jpgdizaine de revues en même temps, afin de prévoir un repli en cas de perte de l'une ou l'autre ; ce fut le cas au moment de la «fermeture» de nombreux magazines dans les années soixante-neuf, soixante-dix. Ensuite, ce fut le contraire et mon activité principale s'est tournée vers Édi-Monde : Castor Junior, Donald, tous les Mickey. Là, je ne signais pas mes planches quand les personnages étaient de Disney. Ma «patte» était un petit trèfle avec la feuille du haut pointue.
 Quelles furent vos autres collaborations par la suite?
Je suis entré à République, le quotidien de Toulon, comme dessinateur de presse permanent : il fallait illustrer des reconstitutions de faits divers, croquis d'audience, camemberts d'élections, illustrations d'articles...toujours dans l'urgence car on pouvait m'appeler à n'importe quelle heure, même le soir, enintSegret005.jpg fonction de l'actualité.
Quelle est votre vie actuelle, dessinez vous toujours ? Vous intéressez vous encore à la BD ou l'illustration en France ?
Je vis dans le Var, et suis retraité depuis l'âge de 65 ans et je ne peux malheureusement plus dessiner car j'ai un problème de mal-voyance. À la prise de ma retraite, je me suis mis à la peinture de chevalet et ai peint 120  tableaux de différents formats, qui n'ont rien à voir avec la bande dessinée, quoique......(onirisme, mythologie, contes et légendes...). J'ai fait des expositions locales, puis à St Léonard de Noblat et  Paris  (galerie Thuillier, mairies du IXème et du VIème).
Merci Monsieur Segret et sa petite-fille pour cet entretien et les documents fournis.

Fabrice Castanet, janvier 2011.

(1) par la suite, Segret produisit de nombreuses illustrations et divers jeux pour l'éditeur Carozzo dans ses diverses revues (Rintin et Rusty, Kansas Kid avec la rubrique « Amusons nous ! », Héroïc, Jim Taureau...) même s'il n'en garde pas le souvenir...
(2) Dès le premier numéro en mars 1972 ! Segret y mit également en scène son personnage de Trott'Patt (à partir du n°3-voir image)

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 12:02

Kenneth F. Champin est né le 15 aout 1911 à Clifton dans le New-Jersey (USA).
Ken_champin.jpg
Il a été animateur de cartoons de 1937 à 1953 pour Warner Bros puis pour les Ray Patin Studios (1953-1962) et Filmfare (1962-1975).sito14.gif
Il participa au dessin animé "A  boy named Charlie Brown" en 1969 pour Lee Mendelson Films (1).
Comme beaucoup de ses collègues, il développa son art également en comic book, principalement dans le domaine du "funny animals", et d'abord, dans les années 40 pour le Sangor Shop (Bandy, Francois Feline, Peter Puss, Slumber Jack, etc.). Il illustra Spencer Spook en 1955 pour American Comic Group et diverses autres baKenChampinhiawathandes dans "Thrilling Comics" (Tony en 1947) ou dans "Coo Coo Comics "(1948). La décennie suivante (1950-1957), il contribua surtout à produire des planches pour le roi des licences de dessins animés, Dell Publishing. Champin adapta ainsi des personnages Disney comme Chip’n Dale alias les deux écureuils Tic et Tac en 19andy-panda-par-ken-champin.jpg53, Lil’ Bad Wolf (P'tit Loup) entre 1953 et 1955, Minnie Mouse en 1952 et Little Hiawatha en 1953-54...
Toujours pour le même éditeur, il adapta également des héros de la Warner Bros tels Bugs Bunny à partir de 1950, Titi et Sylvestre ou Elmer Fudd, de la MGM avec Tom et Jerry, Barney Bear (Lourdaud et Houpette), Bop et Be-Bop alias Spike & Tyke (1953-54), Droopy alias Foffo et Toc Toc/Skrewy Squirrel ainsi que des studios Walter Lantz en 1954 comme Andy Panda ou Oswald le lapin...

Ken Champin est mort le 25 février 1989 à Palm Springs.

 

(1) filmographie


Fabrice Castanet

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 15:48

Je vais succintement vous dresser la carrière d'un dessinateur méconnu, encore un américain mais plus rare dans le milieu et pour l'époque, c'est un mexicain d'origine...

Albert "Al" Carreno est en effet né à Mexico en 1905. Après des études à l'Université de Mexico, il émigre aux Etats Unis au milieu des années 20 puis débute comme cartoonist pour le "Chicago Daily News" mais il s'installe ensuite à New York.ted-strong-1939.jpg
En 1935, un  tabloïd lui demande un comic strip pour sa section bande dessinée (George Matthews Adam Service). Il créé pour l'occasion le western Ted Strong alias Ted l’invincible en France chez l'éditeur Carozzo (future Sagédition) dans le périodique "Aventures" entre 1938 et 1940 (et aussi dans la Collection Jeunesse Nouvelle en 1942) mais le strip, un banal western de plus ne dura que quelques années...ted-invincible.jpg
Dès lors, Carreno se tourne vers le comic book, travaillant pour les nombreux et variés éditeurs de l'époque comme Fox, Fawcett, National, Prize, Marvel, Pines et Ziff Davis durant les années 50 et 60.
On le retrouve alors sur des titres comme Mr E p0005p7p2.jpgour Atlas/Marvel en 1940 (dans "Daring Mystery Comics"), Dan Dare et Ibis the invincible pour Fawcett dans "Whiz Comics" (traduit chez nous en Ibis l'invincible dans le périodique "Mon Journal" en 1947-48), Red Gaucho et Radar dans "Master Comics" (Fawcett), Captain Marvel Junior (Fawcett), Professor Lane et Spike Stevens dans "Shadow Comics" (Street and Smith) et The Blue Beetle (Fox).
Mais dans les années 50, les super-héros n'ont plus la côte aux States, et il commence à travailler pour la "National Cartoonist Society". Il est mort en septembre 1964, soit peu après le "revival" des surhommes lancé par  Stan Lee et Jack Kirby.

 

Fabrice Castanet.

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 17:08

JACK BRADBURY(John Marin Bradbury), animateur et dessinateur américain est né le 27 décembre 1914 à Seatle.
Il a débuté en 1934 pour les studios Disney comme intervaliste puis animate
jackbradbury.jpgur  d'abord sur des courts métrages ("Ferdinand the Bull") puis, l'expèrience venant, sur des scènes de films comme Bambi, Pinocchio ou Fantasia.
Il quitte Disney en 1941 po
spencer-1-1.jpgur travailler un temps pour Fritz Freleng chez Warner Bros entre 1942 et 1944 (Bugs Bunny, Sylvster the cat, Porky Pig) puis sur des courts métrages éducatifs chez Carry-Weston et Cathedral Films jusqu'en 1945.
Mais, comme beaucoup d'autres, il délaisse l'animation au profit du comic book, rejoignant dès 1944 son ami Jim Davis sur Hucky Duck, Spencer Spoock (et beaucoup d'autres) dans "Ha-Ha Comics" ou "Giggl
bradbury.jpge Comics" chez Standard (1) mais aussi pour DC Comics (Fox and Crow et diverses séries comme Flittipy and Flop, Fauntleroy & Crawford dans "Screen Comics" en 1949, des séries qu'on a pu lire en France chez Artima/Arédit).

beany.jpg
Il créé le petit cow-boy Spunky Junior et, en 1947, il entre chez l'éditeur Western Publishing pour lequel il illustre de très nombreux livres pour la jeunesse (les fameux "Little Golden Books") mais il y dessine essentiellement des comic books pour Dell puis Gold Key en adaptant les personnages de Disney comme Donald Duck, dès 1950.
Surtout, ce fut le principal dessinateur des aventures de Pluto, le chien de Mickey (on peut lire chez nous ces histoires au gré des numéros du "Journal de Mickey").
Il a aussi dessin
é les personnages de la Warner Bros qu'il connaissait bien comme Bugs Bunny, Elmer Fudd ou Cochonnet (Porky Pig), mais aussi de Walter Lantz (Andy Panda, Charlie Chicken, Oswald the rabbit, Chilly Willy) et de la MGM (Bop et Be bop), publiés en France dans les diverses revues de Sagédition.
A la demande du réalisateur Bob Clampett, il adapte son show "Time for Beany" en comic book, toujours chez Dell.jackbradbury-copie-1.jpg
Dans les années 60, il dessine Professor Putter (alias Professeur Alcide Nitrick chez Sagédition) et entre 1963 et 1976, il réalise des récits Disney pour le marché étranger.
Des problèmes de santé l'éloignent de sa planche à dessins en 1978 mais il demeurera jusqu'à sa mort consultant au département commercial de Disney.
Il est décédé le 15 mai 2004, à l'âge de 89 ans.

 

Fabrice Castanet

 

(1) Lien utile avec une biographie beaucoup plus étoffée (et même de larges extraits d'une autobiographie, en anglais) et une liste imagée de ses nombreux personnages, notamment chez Standard :

http://jbrad.org/

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 11:03

Dino Battaglia est un dessinateur italien né à Venise le 1er août 1923. Il débute en 1945 aux côtés de Hugo Pratt (voir photo) et Alberto Ongaro avec lesquel il fonde "L'Asso di Picche" : c'est le fameux groupe de Venise (il dessine alors Junglemen en 1949). S'il ne rejoint pas ses amis en Argentine, il livre pour "Frontera" la série Capitan Caraïbe puis Cow-Boy Kid pour "Salgari".Battaglia.jpg
Ensuite, il débute une collaboration avec L'Audace/Mondadori, dessinant
en 1952 des épisodes des westerns Pecos Bill et Oklahoma Kid du scénariste Guido Martina et il travaille surtout pour "Il Intrepido" (il y créé Mark Fury qui sera publié outre-Manche dans "Junior Press") et "Il Vittorioso" (Bersaglieri di Crimea, texte de Gelardini en 1957, Il corsario dell mediterraneo en 1957-58 avec Daniele Forina, traduit en Le corsaire de la méditerranée dans le petit format "Jim Taureau" n°50 à 52 en France, La piuma bianca, Il tesoro dei Polignac sur un texte d'Eros Beloni, 1957).
Au sein de l'agence Roy D'Ami, il livre plusieurs bandes à la Fleetway pour le marché britannique, publiées dans "Top Spot" (The Devilish Compulsion en 1953), "Knock Out" (Oliver Bold de 1959 à 1961 et dans "Bugs Bunny "2e série n°91-95, en France puis en Italie dans "Il Piccolo Ranger", en 1964), "Look and Learn", le "Daily Expre
 ss" (Guarda e Impera), sans oublier quelques épisodes de Battler Britton et de Jack Dixon, etc.
Pour le marché italien, il dessine El Kid sur scénario de G.L. Bonelli en 1955-56 (en France dans "Spécial Kiwi" n°44-46) puis il entame une longue collaboration avec le "Corriere dei Piccoli" en 1960 : il illustre Aladin, Peter Pan, L’Ile au trésor, il dessine Opération K.M.S en 1960 sur des textes de Priznel (traduit chez nous dans "Bugs Bunny" 2e série n°9-12, 1962), Le Petit Prince (Il Piccolo Re) en 1961-62 sur textes d
lapistedes4.jpge Mario Faustinelli (en France dans "Rintintin et Rusty vedettes TV" n°20-25), "La pista dei quattro" (La piste des 4 dans "Jim Taureau" n°93), Ivanhoé, "Topo Gigio", "La Freccia Nera", "I Cinque della Selena" dans les n° 47 à 62 en 1965 (Séléna dans "Rintintin et Rusty vedettes TV" n°74) suivi de "Cinque a Marte", Gulliver à Lilliput, etc. 

 

Il dessine ensuite plusieurs récits dans la série "Li grande avventure di Pace et di Guerra" entre 1968 et 1970 (Mino Milani écrivant la plupart des textes), dont plusieurs furent publiées dans "Rintintin et Rusty ": chez Sagédition : Il ponte di Remagen (Le pont de Remagan dans Rintintin n°4), La Battaglia del Midway dans le n°28 en 1968 (La bataille de Midway dans Rintintin n°10), La Città perduta dans le n° 22 en 1969 (La cité perdue dans Rintintin n°11), Duello nell'aria dans le n°29 en 1969 (Duel dans le ciel dans Rintintin n°13), La revolta dei Sepoys dans le n°7 de 1969 (La révolte des Cipayes dans Rintintin n°16)...
En 1967, il adapte Moby Dick d'après Melville dans “Sgt.Kirk” pour l'éditeur Ivaldi. L'année qui suit, il travaille pour la revue "Linus" où il adapte des auteurs fantastiques comme Poe, Lovecraft ou Maupassant (Totentaz, Maestro delle tenebre, Il Golem , Lo
  strano caso del dott. Jekyll e del sig. Hyde, Woyzek, La Nube purpurea,La prova del fuoco, etc.)...
Dans les années 70, il signe des récits d'horreur dans la revue de Pier Carpi, "Horror".
En 1972, pour le supplément du Corriere dei Ragazzi, il dessine Re Cervo, L’uccello di fuoco, L’acciarino, L’usignolo dell’imperatore...
En 1974, il s'attaque à des biographi
battagliaICinuqesuMarte.jpges de figures religieuses et autres récits dans "Il Messagario dei Ragazzi" (Frate Francesco, San Antonio, Uomini, Donne e Santi, Un patrono per Venezia avec Piero Zanotto en 1974, La leggenda avec S. Giorgio en 1976, Il giocoliere della Madonna avec sa femme Laura Battaglia, 1976, Caino en 1978, I candelabri del vescovo d'après Victor Hugo en 1978, Il cuore nello scrigno en 1978, Quando fioriranno le rose en 1978, L’innominato d'Alessandro Manzoni en 1978, La storia di Ruth en 1980, etc.). ...En France, on peut aussi en lire certains au début des années soixante-dix, dans l’hebdomadaire chrétien "Formule 1" des éditions Fleurus la plupart du temps écrits par Piero Zanotto (« Les serpents de pierre bleue », « Un moine chez les tartares », « A la recherche des sources du Nil », « Il s’appelait Simon… », « Un patron pour Venise », « En l’an 67 après Jésus Christ… », « La légende de Saint Christophe »...).
En 1973, son récit « Le golem » (Il Golem) inspiré de Borges est publié en France dans Pilote (n°732-
 733). Cette  même revue proposa ensuite d'autres histoires de Battaglia, dont certaines issues de sa période "Linus" comme Totentanz en 1974 (n°740), La chute de la maison Usher en 1979 (nuomo.jpg°754), Deux amis (n°66 de Pilote Mensuel) et Saint Antoine en 1980 (n°69)... 
Puis avec Bonelli, il dessine dans la collection "Un homme, une aventure" (L'uomo della legione, L'uomo del New England en 1977), suivie d'une collaboration aux éditions Larousse (L'Histoire de France en BD, Histoire du Monde : Dampier...).
Pour Il Giornalino, ou
tre de nombreuses illustrations didactiques, il adapte Till Eulenspiegmaupassant.jpgel/Thyl l’espiègle en 1976, Gargantua en 1979 et Pantagruel en 1983.
En 1980, il réalise le prologue de "Casanova, Un vecchio bibliotecario".
En 1982-83,il entrepre
nd Les enquêtes de l'inspecteur Coke/L'ispetorre Coke pour L'Isola Trovata, interrompu par son décès à Milan, le 4 octobre 1983.
Plusieurs de ses récits ont été publiés en albums en France où cet auteur fut reconnu sur le tard :
« François d’Assise » chez Fleurus en 1976
« Thyl l’espiègle » chez MCL en 1977

« L’homme de la légion » chez Dargaud en 1978
« Junglemen » (en collaboration avec Hugo Pratt) chez Glénat
en 1979
« Ivanhoé » aux Humanoïdes associés en 1982
« Battaglia raconte Guy de Maupassant » deux tomes chez Dargau
d en 1983 et en 1984
« L’homme de la Nouvelle-Angleterre » chez Mon Journal en 1984
« Totentanz » chez Vertige Graphic en 1993
Ouvrages collectifs : « Amour et enfer » chez Fleurus en 1977 et « Casanova » chez Glénat en 1981.


Fabrice Castanet

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 11:36

L'artiste PAT BOYETTE est né le 27 juillet 1923 à San Antonio, au Texas (USA). Il débute comme garçon de courses dans une station de radio locale du Texas, dont il finit par devenir présentateur et producteur.boyette4.jpg
Après sa démobilisation de la seconde guerre mondiale, il se retrouve à nouveau présentateur à la station KONO puis il travaille pour la chaîne locale de télévision de San Antonio en tant qu'animateur/producteur : il conservera cette activité durant 20 ans.
Mais il s'avère aussi fort doué pour le dessin et après sa rencontre avec Charlie Plumb le dessinateur du comic strip à succès Ella Cinders, ce dernier lui propose d’illustrer Cap’tain Flame en 1954. Mais usé par deux métiers à la fois, Boyette jette l’éponge au bout d’un an.
Il se lance alors au cours des années 60 dans la réalisation de petits films d’horreur pour la télévision dont le nanar culte « Les donjons d’
 Harrow » (1962).
petercannon.jpgEn 1966, comprenant qu’il fait fausse route, il contacte Dick Giordano alors nouvel « éditor » de Charlton Comics qui lui confie les dessins de Spacious rooms for a rent ; c’est le début d’une longue et prolifique collaboration : il dessine le super héros Peace Maker (1967), Peter Cannon, Thunderbolt (1967-70) et les "classiques" Jungle Jim, The Phantom, Flash Gordon enKorg1.jpgtre 1968 et 1977 (cf. "Flash Gordon Super Géant" n°7 en france), etc.
Après un bref intermède DC (avec Blackhawk en 1968 et The unexpected en 1969-70), il continue à produire des récits pour Charlton, notamment des récits d’horreur ou de guerre dans des revues comme "Fighting marines" ou "Haunted," et de nombreuses couvertures jusqu’au début des années 80 sans oublier des adaptations des dessins animés de Hanna Barbera comme Korg, 70.000 B.C (9 épisodes, 1975-76), Clue Club, Moby Dick et Scoubidou (Scooby-doo) qu’il continue chez Marvel lorsque la firme rachète les droits en 1977. On peut retrouver certaines de ces bandes en France dans les revues du genre "Télé Junior" ou "Télé Parade" éditées à la fin des années 80 par Franklin Loufrani.movies.jpg
Suite au décès de son ami Rocke Mastroserio, il remplace ce dernier dans les revues de Warren comme "Eerie" ou "Creepy." Dans le même domaine, il travaille dans "Psycho" (Skywald), participe à la brève aventure Atlas en 1975, Red Circle/Archie (Black Hood, 1983) et réalise pour Ace Commis, une filiale de Charlton, Robin red and the lutin, une histoire pour enfants.
En 1986, il dessine dans Revolver chez Renegade. Dans les années 90, il participe à Valiant, First avec L’ile au trésor et Robinson Crusoé (1990 et 1991) et dessine Mary Stuart pour Marvel. Cet artiste touche-à-tout a également réalisé des story boards pour Hanna Barbera (Ghosbusters) et Marvel (Defenders of the earth).
Pat Boyette est mort le 14 janvier 2000 à Fort Worth, dans son Texas natal.

 

Fabrice Castanet

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 18:24

Michael H. Arens fait partie de ces nombreux dessinateurs américains inconnus du grand public : né en 1915, il a débuté dans l'animation chez Disney de 1938 à 1942 (1Arens.jpg) avant de se tourner vers la bande dessinée à la fin des années 30 puis d'effectuer son devoir militaire de 1942 à 1947. Il a ensuite surtout  travaillé pour Dell Publishing (de 19arens2h4.gif52 à 1976). 
Sous la licence Disney, il adapta dans les années 60 Davy Crockett, Mary Poppins, Chip'n'Dale, Donald Duck (Comic-Book) et Scamp (publié en France chez Lug), dont il signa également la page quotidienne du com ic strip de 1969 à sa mort.
Il a aussi dessiné pour Dell les séries Range Rider,
The Frontiersman, Tarzan, Korak, Chuckwagon Charley, Dale Evans, Buck Jones, Rex Al len,scamp.jpg Western Roundup, My Favourite Martian et s urtout R oy Rogers dans sa version Comic-Book en 1939, puis daily-strip pour le King Feature Syndicate en 1949, et la Sunday Page en 1957-1962. Dans un tout autre registre, il  a par ailleurs adapté en BD le fameux Scoubidou des studios Hanna-Barbera.
Autres comics strip à son actif : Hey Mac (194
7-1962), Top Secrets en 1949 pour Street and Smith.
Il retourna à l'animation pour Grantray-Lawrence en 1966-67 en tant que "Story Director" (Spider-Man et autres super héros de Marve
l) puis chez Hanna Barbera de 1967 à sa mort, en 1976 (layouts sur The Fantastic Four, The Banana Splits Adventure Hour, Scooby-Doo, The Harlem Globetrotters, Charlotte's Web, Goober and the GhArens-copie-1.jpgost Chasers, Jabberjaw, Dynomutt Dog Wonder).


Il est mort le 19 juin 1976.

 

Fabrice Castanet

 

 (1) dans le long métrage "Fantasia", il a animé la partie "Dance of the hours segment"

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 17:54

ROGER MAS, de son vrai nom Roger Masmontiel, né à Paris le 17 mai 1924 et qui compta parmi les dessinateurs les plus réguliers de Pif le chien vient de nous quitter, le 28 août 2010.Mas.jpg

Pendant la guerre, il publia sa première illustration dans Allo 18, une revue de pompiers. Tout en étant employé dans une banque parisienne, il succèda à Arnal sur Gavroche et G. Latine dans Avant Garde et sur Becdor le petit Canard dans L’Humanité et l’Humanité dimanche (1948-51), avant de reprendre la bande quotidienne de Pif le chien, fin 1948 à la demande d’Arnal surchargé de travail, d’abord en alternance et sans signer, puis dès 1950 en solo sous la signature de R. Mas dans l’Humanité puis Pif Poche. Il dessina également Pif et compagnie (et de nombreuses couvertures) dans Vaillant, Le Journal de Pif et Pif Gadget de 1958 à 1976. Entre-temps, il quitta enfin son guichet en 1953, pour ne plus vivre que de sa plume. Il dessinera le strip quotidien de Pif dans l’Humanité jusqu’en 1986 ! Au total, il aura dessiné plus de 11000 bandes ! On peut retrouver sa signature dans un album broché de Pif : "Le cadeau de Pif" (1965). Il PIF-ET-CIE.jpg est celui qui donna un fils à Pif, Pifou qui aura plus tard sa série propre jusqu’en 1972 (quelques albums sont parus : Histoires Inédites avec Pifou en 1965 aux éditions Vaillant, Glop, Glop, Gloper en 1986 et Histoires de rire en 1987, aux éditions Messidor-la-Farandole). Il créa également, le personnage de Spoutnik l’ourson (dans l’Humanité Dimanche de 1958 à 1964), celui de Tounet le petit garçon (dans Les aventures de Pif le chien) et quelques autres moins importants comme Barbichette en 1948 et Anatole en 1950. Il délaissa ensuite Pif pour se consacrer à sa propre série Léo bête à part de 1969 à 1986, avec Jean Sanitas au scénario (on peut le retrouver dans l’album Pifou, Léo et Cie aux éditions Mozaïque, 1993). Il illustra brièvement Placid et Muzo en 1974 et Hercule en 1984. R. Mas aura ainsi presque exclusivement travaillé pour les éditions Vaillant, si l’on excepte sa brève série Késako (texte de Jean Sanitas) pour Le Journal de Tintin entre 1969 et 1970.

 

Fabrice Castanet

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 16:18

ROGER (JOSEPH) ARMSTRONG fut un dessinateur, parmi les plus grands spécialistes des« funny animals ». Cet enfant de la balle, fils d’un gagman pour les comédies de Mack Sennett et scénariste pour la Twentieth-Century Fox, vit le jour à Los Angeles le 12 octobre 1917. Il découvrit sa vocation de cartonnist à l’âge de 10 ans et plaça, à 16  ses premiers dessins à des agences locales. Il a étudié au Pasadena Cityarmstrong0001.jpg College et au Chouinard Art Institute où, entre 1938 et 1939, il côtoya de grands artistes comme Phil Dike, Dan Lutz, Richard Haines et Rex Brandt, mais les difficultés financières de sa famille l’obligèrent à quitter l’école et trouver un emploi dans l’industrie aéronautique.  Peu après, en 1941, il fit, grâce à un ami commun, la connaissance du grand « éditor » Chase Craig qui le fit travailler pour "Looney Tunes and Merrie Melodies", comic book à succès d’adaptation des dessins animés de la Warner Bros. que Craig dirigeait pour la Western Publishing.
Armstrong dessina donc très rapidement les vedettes de la jeune revue qu’étaient Porky Pig (Cochonnet), Elmer Fudd et Bugs Bunny (dont il réalisa également la planche dominicale du comic strip de 1942 à 1944, l’année de son incorporation à l’armée...et qu’il reprendra en strip quotidien de 1978 à 1981 !) ou encore Mary Jane and Sniffles dès 1941 (Jeannette et Doudou, série publiée en France par Sagédition dans Bunny entre autres (voir Pimpf Magazine n°14).armstrong1.jpg
Eleanor Packer, la puissante éditrice de la Western Publishing l’incita à adapter des personnages d’autres studios comme ceux de Walter Lantz ou Disney : Armstrong œuvra donc sur Woody Woodpecker en 1943, puis plus tard sur des créations Hanna-Barbera comme Scooby Doo (Scoubidou), The Flintstones alias Les Pierrafeu (en 1966-70 avec Mark Evanier), The Pink Panther (La Panthère Rose) ou The Inspector (L'Inspecteur Belles-Grolles) entre 1974 et 1976 (publiés par Sagédition en France)...mais, surtout, il réalisa près de 3000 planches dans le comic book "Walt Disney’s Comics and Stories" mettant en images Hollywood Chatter (1943), Little Minnehaha (1944), Hiawatha, Les 7 nains avec Chase Craig au scénario (1944-49), Lil’bad wolf (P’tit Loup) qu’il créa graphiquement en 1945 au numéro 52 de "Walt Disney’s Comics and Stories" et dessina jusque dans les années 60, Donald Duck (1946),
Pluto, Super Dingo avec Evanier (1969-76), The Beagle Boys en 1977 (Les Rapetou), Rox et Rouky, O’Malley and the alley cats (pour partie publiés dans les revues d’Edi-Monde comme Le Journal de Mickey)...BugsBunny1979.jpg
Armstrong adapta également quelques films des studios Disney comme Fedora (1946) ou Bath day (1946) et des adaptations de shows TV comme I love Lucy (1960-63).
Surtout Packer recommanda l’artiste à Walter Lantz qui le fit travailler pendant plusieurs années pour son studio comme animateur et dessinateur de layouts en 1943-44, même si Armstrong préféra toujours le for
 mat du comic book ou du comic strip au dessin animé. S’il illustra effectivement plusieurs comic strips pour les journaux, son nom ne fut jamais associé à aucun même s’i l fut l’assistant de Charlie Plum sur Ella Cinder en 1940 avant de le reprendre seul de 1949 à 1961...et qu’on lui doit de longs « runs » sur Napoleon and Uncle Elby (il assista Clifford McBride avant de reprenbunny.jpgdre la strip à sa mort en 1950 : son travail sur la série dura une décennie), The Flintstones (Les Pierrafeu en 1961-63) Funky Phantom, Where's Huddles en 1971 ou Little Lulu (La Petite Lulu) sur des textes de Del Connell (1963-67) sans omettre le strip quotidien du chien vagabond Scamp (fils de La belle et le clochard) de 1978 à 1989 (texte de Bill Berg) qu’on peut lire en France dans divers fascicules de Lug ou d’Edi-monde. Signalons également Zody, the mod rob, H.R Pufnstuf et Lidsville. Au cours des années 70, il produisit également des storyboards pour les studios Hanna Barbera et travailla sur le comic strip Woodsy Owl mais le projet n’aboutit pas...
En 1989, il publia « How to Draw Comic Strips
» chez Walter Foster Publishing Inc.
Armstrong fut en outre enseignant notamment au Laguna Beach School of Art ainsi qu’un peintre accompli et régulièrement exposé (au Museum of Cartoon Art de New York, au Smithsonian Institution ou au Laguna Art Museum qu’il dirigea même de 1963 à 1967) : il réalisait des paysages californiens dans ce qui est référé comme le « style californien » et présida la National Watercolor Society.
 Il a été emporté par une crise cardiaque le 7 juin 2007 à l’âge de 89 ans, en Californie, laissant une veuve, l’artiste Alice Powell, deux fils et une fille...

 

Fabrice Castanet

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